5 astuces pour des anses qui tiennent vraiment bien! – Le Blog du Bol

5 astuces pour des anses qui tiennent vraiment bien!

Placer une anse sur une pièce en poterie, est une des étapes les plus délicates avant de placer sa poterie au four. Tu as tourné ta pièce, tu l’as ensuite tournassée, puis tu as placé l’anse… Quelle déception lorsqu’on se rend compte, après séchage de la terre, que l’anse est fissurée ou ne tient pas bien!

Voici 5 astuces que je suis moi-même pour que mes anses tiennent bien, vraiment bien, et plus à moitié 😜!

1- Avoir sa pièce à la bonne consistance.

La clé N°1 est la texture de la terre lors de l’ajout de l’anse. Si une anse à texture cuir humide est ajoutée à une pièce à consistance cuir sec / cuir vert, la différence de consistance de la terre entraîne un mauvais maintien de l’élément ajouté et des fissures à cet endroit. 

Pourquoi? Car la terre a commencé à se rétracter pour la pièce et pas encore pour l’anse dans cet exemple. Une fois l’assemblage fait, la rétractation ne sera donc pas la même pour les 2 parties créant ainsi une contrainte qui est la cause des fissures.

Pour rappel, tu peux calculer le taux de rétractation de ta terre pour ne pas avoir de surprise. Consulte cet article.

Si tu dois ajouter un élément à ta pièce surveille bien le séchage! Je te conseille de la placer dans ta caisse humide pour ralentir le séchage, et intégrer ton anse au bon moment.

2- Bien guillocher la partie à assembler.

Guillocher: Orner de traits gravés entrecroisés.

Présente ton anse sur ta pièce, marque l’endroit où ton anse sera placée et guilloche bien cette partie. Le guillochage permet à la barbotine de se mélanger à la terre de la pièce. Si tu ne guilloches pas ta terre, la barbotine reste en surface, et les 2 éléments ne se lient pas bien! Il m’arrivait, et encore quelques-fois aujourd’hui, de ne pas guillocher jusqu’au bord de l’anse, ce qui fait que le bord se décolle 😩.

pièce guillochée attendant de recevoir l’anse
La partie haute de l’anse est accrochée (bien presser pour assembler). Je repère ensuite où arrive le bas de l’anse pour guillocher cette partie. Je mets ensuite la barbotine puis je presse l’anse avec le pouce.

3-Utiliser un support pour que l’anse ne s’affaisse pas.

La terre de l’anse est à texture cuir humide, elle peut donc s’affaisser si tu ne la supportes pas avec un objet. Place un bout de terre sous ton anse ou un objet de la hauteur de l’anse pour la maintenir avec l’angle voulu! Tu peux aussi retourner ta pièce et la placer au bord d’une table pour que l’anse ait une allure plus aérienne.

Pièce retournée pour que l’anse garde l’angle voulu.

4- Utiliser la barbotine magique!

La barbotine est classiquement un mélange d’eau et d’argile de poterie. Elle doit être à consistance pâte à crêpe (densité environ 1,5). Cependant, cette barbotine conventionnelle n’est pas toujours très efficace.

Dans ma pratique, je ne l’utilise quasiment plus pour lier mes anses. J’utilise le plus souvent de la barbotine vinaigrée et, quand je veux être vraiment sûre de l’accroche de ma anse, j’opte pour la recette d’eau magique!

Voici mes 2 recettes de barbotine magique: 🧙

Recette de barbotine vinaigrée

  • terre sèche utilisée lors du tournage concassée en petit morceaux,,
  • ⅔ d’eau,
  • ⅓ de vinaigre ménager.

Mélanger le tout pour obtenir une consistance pâte à crêpe de la barbotine. Attendre au moins une nuit (dans un récipient fermé pour éviter l’évaporation) avant de l’utiliser.

Pourquoi utiliser du vinaigre? Le vinaigre est acide, il dissout donc la terre. Cette réaction chimique modifie le positionnement des particules et rend la terre enduite de barbotine vinaigrée plus réceptive à l’anse que nous lui ajoutons.

Recette de Magic Water

  • 1 litre d’eau
  • 6g carbonate de soude
  • 6g silicate de soude

Pourquoi utiliser le carbonate et le silice de soude? Le carbonate de soude retient l’eau qui se déplace donc un peu dans l’argile humide. Le silicate de soude est collant, sèche beaucoup et plus rapidement que l’argile. Cela est dû au fait que le silicate est un des composants du verre. Le résultat final est que la Magic Water forme une couche collante (presque comme de la glaçure). Cette couche pénètre dans l’argile environnante et devient dure en séchant. Ainsi, les fissures sont évitées lors du séchage, et la liaison est plus forte après cuisson.

5- Faire sécher ses pièces lentement.

Lorsqu’un élément d’une pièce sèche plus vite que l’autre, la pièce peut se fissurer si le séchage est trop rapide. Ce phénomène se produit lorsqu’un élément de la pièce est plus petit ou plus fin que l’autre. La différence de rétractation entre les éléments de la pièce en est la cause.

Il faut donc faire sécher lentement les pièces, soit en les recouvrant de plastique, soit en les plaçant dans la caisse humide. Pour ma part, une fois l’assemblage fait, je place ma pièce dans mes caisses humides. Ainsi, elles sèchent lentement et uniformément même si mon anse est plus fine que la pièce tournée.

Inscris toi aux cours de poterie gratuits de l’Atelier du Bol pour savoir fabriquer ta caisse humide.

J’espère que ces 5 astuces t’aideront à réussir tes assemblages à coup sûr! N’hésite pas à partager d’autres astuces si le cœur t’en dit. Je te souhaite un bel été! 😘

Passionnée du tournage de poterie, je me suis donné un objectif : vivre de ma passion! Ce blog a pour but de partager avec vous mes recherches, mes réalisations, mes échecs et mes réussites. Bienvenue!

4 comments On 5 astuces pour des anses qui tiennent vraiment bien!

  • Merci pour ces bons conseils !

  • Merci de tout cœur pour ces conseils ! J’ai le souvenir de déconvenues cruelles quand j’ai commencé à me passionner pour la poterie à l’adolescence. Comme je compte m’y remettre sérieusement (40 ans plus tard…), je suis bien heureuse de recevoir des explications aussi nettes des erreurs que j’ai faites autrefois.
    Deux petites remarques (liées au métier que j’ai exercé dans l’intervalle) :
    — on n’écrit pas “la anse”, mais “l’anse”. Comme on écrit, sans se poser de questions, “l’arbre” ou ” Catherine, l’amie de Pierre”. (RQ : si on écrit “le haricot” et “la houppelande” (et non pas *”l’haricot” et *”l’houppelande”, c’est que dans ces deux mots le “h” est aspiré (= en gros, il interdit la liaison, justement).

    — De la même façon, on n’écrit pas (et on ne dit pas !) “ta anse”, mais “ton anse”, comme on dit, “Ton amie Catherine” (et non pas *”Ta amie Catherine”). En bref, “ton” n’est pas toujours masculin ! Il est également employé quand le nom féminin qu’il qualifie commence par une voyelle, ce qui permet de faire la liaison.

    Cordialement
    C. G-L

Laisser un commentaire:

Votre email ne sera pas publié sur le site.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.